Aaaaaaaaatchoum !! Plus de voix, courbatures et mal de crâne. Décidemment, je suis une mamie et me secouer le cocotier durant deux jours m’a littéralement achevé. Après une petite convalescence au fin fond de mon lit, je suis enfin de retour pour vous parler du Coconut Music Festival ! Il y a un an, j’ai découvert cet événement grâce à mon amie Sabine de Rock N Fool.

IMG_9639

Imaginez une abbaye, vieille dame de pierre en plein milieu d’une ville de Charente Maritime, Saintes, avec un grand jardin. Vous disposez délicatement dessus deux scènes. Entourez le tout de palmiers, stands de bouffes et lits dans les anciennes cellules des moines et voici : une colonie de vacances pour artistes avec concerts à la clef.

Sur deux jours, j’ai pu apprécier les dernières « petites » nouveautés pop électro venues d’Angleterre, du Danemark ou encore de Belgique. Deux soirées, le vendredi et samedi 11 et 12 septembre avec entre temps des pauses bucoliques pour la journée dans le parc. Un petit paradis terrestre qui permet de remettre son paréo et ses tongs quelques jours après la rentrée. Le rêve. Bon, là c’était plutôt pancho et bottes de pluies mais bon, c’est ça aussi un festival !

IMG_9619

Parlons déjà des artistes que j’attendais. Barbarossa ! Cet anglais à la voix si particulière m’envoutait déjà avec The Load, balade synthétique à l’esprit rêveur. Il présente ici son nouvel album, Imager. Une affirmation dans l’envie d’électronique pop, un changement plus rythmique et dansant. Parfait pour une ouverture de festival. James Mathé jongle entre anciennes et nouvelles chansons, un set réussi et puis moi, les roux… Bref, un vrai plaisir !

Lors des Francofolies de La Rochelle, le premier soir des festivités, j’ai loupé un artiste : Rone. Je suis tout simplement allée me coucher, honte à moi. Mais grâce au Coconut, j’ai pu le découvrir. Et bien, quelle chance ! Dans un univers électronique plutôt sombre (les fantômes projetés en arrière-plan n’arrangent rien) Erwan Castex nous distille un monde onirique, mal enchanteur qui sous la pluie naissante du samedi soir, me donne des frissons. Connu depuis quelques années sur la scène électro européenne comme américaine, Rone nous présente son dernier opus, « Créatures ».
IMG_9645
François Marry, des François and The Atlas Mountains, l’un des fondateurs du festival, monte sur scène pour dévoiler ensemble « Quitter la ville ». Morceau au texte non équivoque entre vie impossible et électro prenante. Morceau rapporté à un magnifique et étrange clip où de jeunes irlandais d’une cité ouvrière proche de Dublin montent de petits chevaux pour une course effrénée dans la ville, qu’ils quittent finalement pour un instant.

Tout n’est qu’ensuite que découverte sauf Amadou et Mariam, l’une des têtes d’affiche du Coconut. Mais je n’aime pas Amadou et Mariam. Les textes d’amour, le côté social des chansonnettes et la paix entre les peuples, je n’arrive pas à accrocher. Mais je n’avais jamais vue le couple sur scène, c’était donc l’occasion. Et finalement, la magie a opéré. C’est peut-être leurs 40 ans de vie commune et presque 35 ans de mariage qui ont agis sur moi (merci pour la petite bio faite par Anne Sophie, une amie journaliste le temps des premières chansons, elle, visiblement très contente de sa rencontre avec eux). Ce ne sont pas les mélodies ni les textes qui m’ont touché, simplement eux.
IMG_9621
La façon dont ils vivent littéralement se qu’ils disent, les petits gestes tendres entre eux et les poings levés pour puncher une phrase comme « vive la solidarité entre les peuples » ou encore « tout le monde veut la paix dans le monde ». Un rock à l’africaine irrésistible en live et un public conquis.

Je n’ai pas encore évoqué la petite scène, celle qui permet de se déplacer de l’autre côté du jardin, de monter trois marches avec sa bière au Cognac et sa crêpe au Nutella (ou au sucre, tu fais ce que tu veux !). Pour cette année, pas d’attente entre les artistes, tout s’enchaine et c’est très appréciable. Tu n’as pas le temps de 1) te refroidir / 2) te demander si tu ne retournerai pas vite fait dans ta chambre histoire de te rajouter un petit pull, puis finalement croiser un ami, parler et hop zapper le concert /et 3) encore te refroidir.

Très bon timing donc et surtout belles découvertes en passant par Le Colisée. Groupe montant de la scène belge, ces cinq mecs d’à peine 20 ans nous présentent « Vie éternelle » leur nouvel EP. Ils sont les créateurs de l’hymne officiel du Coconut cette année. Un mix assez étrange entre une pop des années 80, un peu d’Etienne Daho et puis une envie de surfer avec eux. Un groupe inclassable pour moi qui fonctionne parfaitement sur scène. L’un des membres m’a confiait qu’il était difficile de s’affirmer quand on est un jeune groupe belge, une sorte de délit de nationalité où les gens ne vous prennent finalement pas vraiment au sérieux. Et bien le public du Coconut n’était pas du tout de cet avis !

IMG_9642Un autre groupe de jeunes fait son bal de promo : Waldo et Marsha. Les danois distillent une pop psychédélique, les voix vocodées follement électroniques me rappellent mes première boum (terme trop vieux, je sais…), des mélodies en apesanteur qui font danser le public. Le côté «boule à facette » terriblement old school est vraiment très sympathique.

Une nouveauté cette année et une très jolie découverte : Radio Nova et Holy Strays. Tout le monde connait cette station dénicheuse de talents et elle s’est installée dans l’abbaye pour l’occasion. Au travers de plus de 3h de direct, les artistes s’enchainent au micro dont Holy, Sébastien de son prénom. Grand brun aux yeux bleus, un franco-anglais au look british. Avant son set, il parle de son projet, Holy Strays. Il se prête aux premières parties d’artistes pop/électro et s’invite même sur des tournées ou concerts comme pour SBTRKT. Finalement, sur la petite scène du Coconut, je ne m’attendais pas à ça. Une musique électronique revenue à son plus simple appareil. On pourrait qualifier son travail de facile, que plaquer quelques accords et répéter quelques effets de pédales n’a rien de si compliqué.
IMG_9627
Mais rien n’est plus facile que de tomber dans ce sentiment. Tout est calculé, millimétré, rien ne dépasse et on se demande si l’on a devant nous le commencement d’une nouvelle ère pour l’électro (comme il le dit sur Nova, c’est un travail pour le futur), ou si c’est le début « épuré » qu’a connu ce mouvement qui nous est évoqué. Mais on restera plutôt sur l’envie de le suivre pour le futur…

Deux univers totalement différents se sont partagés la grande scène samedi soir. Tahiti Boy & The Palmtree Family ouvre le bal avec un petit orchestre de violons, altos et violoncelle en plus de ses trois musiciens. Un plaisir pour l’artiste qui remercie les organisateurs pour lui avoir laissé quelques jours afin de travailler avec les cordes. Puis un saxophone et même une cithare font leurs apparitions. On est transporté dans une pop qui voit grand. Et j’ai envie de découvrir un vrai show à l’américaine, une chorale, un gospel ou même un orchestre entier !
IMG_9635
Mais pourquoi cette envie ? Tout simplement parce que son nouveau projet « Songs Of Vertigo » vient de Paris et New York à la fois, que cet homme barbu d’une trentaine d’année est loin d’être un novice. Compositeur, producteur et arrangeur, il a collaboré pour  Micky Green, Oxmo Puccino et s’est laissé aller dans la confection de BO des films loufoques de Quentin Dupieux. Bref, Tahiti Boy c’est sur une grande scène et avec beaucoup de lumière.

La lumière, eux, ils la préfèrent tamisée et colorée. Cristobal and The Sea, c’est d’abord l’Europe devant vous. Un guitariste portugais, Joao, qui rencontre un bassiste espagnol, Alejandro, dans un lycée luxembourgeois et partent faire leurs études à Londres. Là-bas, ils font la connaissance d’une chanteuse et flûtiste française, Leïla. Il ne manquait plus qu’un batteur, ce sera Josh, un anglais. Une pop enchanteresse se dégage de ce groupe si singulier, une véritable incantation à la musique du monde. Je ne peux même pas recenser toutes leurs influences. Et pourtant, je ne suis pas perdue. Chaque chanson a son histoire, sa mélodie propre. Vivement leur premier album à l’automne ! Sur un label allemand… évidemment !

Quel mashup que cette programmation. Je ne vous ai même pas parlé d’Etienne Jaumet qui, en plus d’avoir eu la pluie pour clôturer le festival, nous a fait danser dans les anciennes caves de l’abbaye (je n’ai toujours pas trouvé le cognac…) jusqu’à…et bien je ne sais même plus. Quelle folie que de prendre encore mon paréo et mes bottes de pluie pour Saintes. Quelle folie de dire à nouveau « oui » à Jérémy, le G.O. de cette petite bulle de fanatiques enchantés qui réveillent si bien leur ville « presque » natale. Et quelle folie que de se dire… je reprendrai bien une bière au cognac l’année prochaine.