Dimanche ultra beaucoup trop trop trop chargé et pour cause, enchaîner 9 concerts, c’est le compteur du podomètre qui lâche… Mais journée riche en émotion !

IMG_8800On commence avec une artiste découverte l’année dernière à la Chapelle Fromentin qui s’essaye au Théâtre Verdière : Lior Shoov. Lior signifie Lumière en hébreu. Cette israélienne venue du monde du cirque propose une scénographie tout en simplicité. Assise sur une chaise elle est entourée de ses différents instruments, ukulélé, tubes en plastiques, percussions même peluche. Elle raconte sa vie et le moment présent, joue avec le public, commence même dans le public. Au début du spectacle, un jeune homme autiste crie, réaction de l’artiste :“Je vous en prie, restez là, c’est aussi de la musique”. Moment qui aurait pu en gêner plus d’un et pourtant. Cette simple phrase résume son caractère : humaine. Au plus près de ses sensations, elle nous parle d’elle, de son envie de paix dans son pays, de “mettre tout dans un seul moment mais ce n’est pas possible”, de dire au monde que “we are all the same”. Arrive le tour de la peluche pour “pouet pouetter”, seul instrument utilisé pour cette chanson décalée. Depuis le début du spectacle, Lior a de gros problèmes de micro, elle le fait couper vers la fin de sa performance : “C’est bizarre, je voulais qu’il y ai un truc un peu comme ça qui se passe, pour que ce soit plus vivant, bien voilà!”. Finir en totale acoustique avec pour seul objet…un sac en plastique. Faire tout avec presque rien, enchanter une nouvelle fois avec une performance de l’instant.

IMG_8807Ouverture du bal de la scène du Village Francofou avec Babel, artiste du Chantier des Franco. Un show explosif, poignant, transcendent même. Quatre artistes : une violoniste, un musicien au platine et un autre aux claviers. Côté chant, Sébastien Rousselet saute partout, part dans les aigüe et ses textes nous prennent aux tripes. J’ai des frissons, je chante le “tube de l’été qui rend hommage aux morts”, crie la lettre B pour finir ce mot “MA-CA-“. Des textes poétiques et militants, un concert électro-rock renversant, un nouvel opus “Bless(e) You“. Fin du concert, j’ai les poils et même la petite larme…merde, ils ont réussi.

IMG_8808On court encore de tous les côtés et nous revoilà sur la Grande Scène. Et c’est une jolie fleur que j’ai le plaisir de retrouver : Rose. Elle présente son nouvel album « Pink Ladie », toujours les mêmes rythmes et cette voix tendre qui sentent bons les vacances. C’est léger comme le vent qui souffle délicatement sur le parking Saint Jean d’Acre. Avec ses accents de folk, on s’évade rapidement. Elle nous parle d’une fille plutôt psychorigide et nous demande si nous la connaissons. Hurlement face à la scène. Il faut dire que « La Liste » de son ancien album est devenue un tube. Elle décide de prendre les devants et sans micro, nous fait chanter. C’est un peu hésitant mais le refrain résonne jusque dans les tribunes. Ce mix entre nouveautés et classiques qui ont fait sa notoriété est bien rythmé, un petit plaisir sans modération.

IMG_8812Mon podomètre m’a demandé une pause mais je n’ai pas le temps, je repars en direction de la Salle Bleu de la Coursive. Et c’est en arrivant que le dilemme est énorme : Baden Baden a plus de 30 min de retard et j’ai une canadienne que je ne veux pas louper. Je reste quand même, je veux découvrir ce groupe. Arrivent enfin 5 mecs et un chapeau, portait par le bassiste. Envolé pesante au début du show, une trompette se mêle à ce doux spleen. « Je tombe dans la mer » entonne le chanteur et je tombe également dans un tourbillon mélancolique. Puis on relève la tête, on prend par la main cette mélodie pop et j’ai comme une envie de les voir jouer dehors, ailleurs que dans une salle sombre et close. Mais je dois repartir et c’est un vrai crève cœur…

 

IMG_8817Ma canadienne est toujours sur scène et enchante le public de sa robe en dentelle rouge et de ses mélodies que nous avons tous fredonnés au moins une fois : Cœur de Pirate sur la Grande Scène. Elle aussi mixe entre nouvel album et anciennes chansons qui l’on fait découvrir aux yeux des français. J’arrive juste pour la fin du show et surtout celle que tout le monde chante en hurlant : « Comme des enfants ». Les gosses ont tous les âges et sont heureux. Le principal est là.

IMG_8820Et je cours encore et encore, c’est que le début d’accord d’accord… Scène Francofou : Robi. Jeune femme menue à la voix d’or. Comment expliquer par écris une telle voix de crooneuse, envoutante, charmeuse, amoureuse, bref ensorcellante ??!! Une pop mouvementée, « Juste le temps d’être là » et avec elle, se poser tranquillement sur l’herbe sèche (voir même brûlée) du Square Valin. Elle explique qu’elle n’a pas l’habitude de jouer le jour mais qu’elle est ravie. Puis vient la chanson qui me donnera toujours le frisson « On ne meurt plus d’amour ». Maintenant, c’est moi qui danse et crie les paroles… C’est à ce moment que je me dis qu’il faudrait rentrer mais non, j’ai encore à faire.

IMG_8827Mes jolies jambes sveltes et musclées me portent une dernière fois à Saint Jean d’Acre (oui, je sais, on a tous un peu le droit de rêver !) et me voici devant la seule et l’unique : Véronique Sanson. Elle présente son orchestre avec pour chacun un petit mot doux, ça sent l’amour et elle met le feu bien avant Johnny ! Devant un par-terre blindé, elle explique avoir deux miroirs à côté de la scène, un qui la fait paraître longiligne et l’autre tel un « moche troll ». Elle décide finalement de mettre son labello face au public en lançant « Je me regarde devant vous ». Les spectateurs l’encensent, un vrai show à l’américaine, elle l’avait promis. En même temps, quand on est sur la route avec une famille comme ça, qui continue de jouer même l’artiste partie, on se dit que c’était tout simplement pour le plaisir. Un énorme bœuf entre amis. Conquis.

IMG_8844Me voici m’élançant vers ma dernière danse, celle que j’attendais depuis un petit moment. Un groupe que j’ai découvert en Corrèze, à Tulle dans la salle des Lendemains qui Chantent, il y a maintenant 2 ans. Les Hyphen Hyphen. Je ne sais même pas comment vous les décrire, je suis une fan. Une telle maturité pour des gamins d’une vingtaine d’années, ça fou les chocottes (terme utilisé il y a fort fort longtemps, merci). Ils font danser, tourner, sauter, accroupir le public, une vraie symbiose, une alchimie de pop électro qui vient d’ailleurs. Bardés de leurs maquillages noirs et de leurs vêtements brillants, ils m’apparaissent tel un ovni dans la nuit noire. On parle d’amour et d’évasion, de sonorité et de basses qui vous transportent tellement facilement que je n’ai pas besoin d’artifices pour être comblée. Bon, je dois avouer que les deux pintes font leur petit effet et après ça, je vais me coucher. Il est 1h du matin et je viens de faire 15km dans la journée.