Dans 8 jours, je retourne aux Francofolies de La Rochelle. Cette belle danse d’artistes français, entre légendes vivantes et petits jeunes fraîchement sortie des maisons de disques. Un moment que je ne louperais pour rien au monde.

Je suis née à La Rochelle, il y a 25 ans. J’ai donc connu ce festival du temps de Jean Louis Foulquier. Rochelais lui aussi, animateur, homme de radio et producteur, il voyait ces quelques jours comme une grande fête familiale, pour tous. Puis un jour, il a fallu vendre.

Le festival est devenu plus mondain, plus gros et plus business. Il faut bien qu’un festival vieux de 30 ans s’agrandisse. J’ai eu la chance de passer derrière les barrières, de ne plus être “simple spectateur”, mais journaliste accréditée. Cette année encore, je rencontrerai les artistes, je prendrai un verre au patio et j’enchaînerai les danses sur la petite scène de la salle de presse pour faire rire mes amis photographes.

Cette année, je retourne aux Francofolies. Et pourtant, j’avais effacé ce festival de ma liste. Je ne voulais plus des Franco parce que l’esprit de Jean Louis n’est plus là. L’année dernière, c’était les 30 ans. L’occasion rêvée pour retrouver un peu de lien entre le public et les artistes, un peu d’amour, de joie, de partage et d’humanité.

Malheureusement, face à ce parking remplis de milliers et de milliers de personnes, je ne voyais que des billets. J’avais devant moi une usine à fric, et je participais à ça. Ceci est un sentiment. Je n’aurai pas la prétention de critiquer un travail que je n’exerce pas. Cette fête si conviviale, qui réveillait ma ville natale, ne reflète plus mon enfance, tout simplement.

Les Francofolies auraient dû se terminer après le départ de Jean-Louis. Un autre événement aurait pris sa place, c’est sûr, mais pas comme ça. J’ai pourtant encore découvert des artistes incroyables, qui ont rendu hommage à ce fondateur si charismatique. Et cette année, j’y retourne quand même. J’y retourne parce que je ne vais pas gâcher le privilège de rencontrer ces fameuses “légendes vivantes et petits jeunes fraîchement sortie des maisons de disques”.

Je vous proposerai des articles et des interviews sonores de ces rencontres qui finalement, me feront peut-être grandir… Puisque la petite fille des Francofolies s’en est allée.